"Dans un monde globalisé, il convient de se poser d’autres questions que celles touchant aux normes de comportement culturel dans une catastrophe naturelle. Justement parce que les sociétés industrielles occidentales sont, à l’instar du Japon, à la merci des avantages et des inconvénients technologiques, nous devons nous demander quelle leçon tirer de Fukushima. … Comment la communauté mondiale peut-elle aider au mieux le Japon ? Quelles sont les alternatives au nucléaire dans un pays au sein duquel la politique et le lobby nucléaire vont de pair, où l’on a cruellement oublié l’ancienne vertu des économies d’énergie et qui dispose en outre d’un important potentiel d’énergie thermique ? … Si un horizon optimiste s’ouvre à nous avec Fukushima, alors il doit être basé sur un débat mondial factuel et permettre une compréhension dépassant une exotisation de l’étranger et de soi-même."
Des reportages occidentaux relatifs à la centrale nucléaire accidentée de Fukushima-1 soulignent des différences culturelles face aux catastrophes. Dans le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung, la japonologue allemande Lisette Gebhardt critique l’entretien des clichés du sens communautaire et de la capacité à endurer la souffrance accolés au Japon, car ils établissent une distance inutile (eurotopics, 5 avril 2011).
#choses lues choses vues
#info
"Le monde du travail n’a jamais été paradisiaque pour les travailleurs. Autrefois, leur enfer, c’était l’Amérique. Car le marché du travail y était si compétitif que de nombreuses personnes étaient condamnées au chômage. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a toujours eu un taux de chômage inférieur à celui des Etats-Unis. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. … L’enfer dans lequel se trouvent actuellement les travailleurs européens contraste fortement avec le paradis que peuvent s’offrir les employeurs, grâce à leurs gigantesques revenus. … Pour résumer, on peut dire qu’on observe simultanément depuis la fin des années 1970 la diminution des revenus des travailleurs, l’augmentation des inégalités salariales et fiscales, et la réduction des indemnités et de la protection sociale. Dans le même temps, les revenus du capital augmentent. … Les travailleurs européens se révoltent aujourd’hui quand ils voient qu’ils sont contraints de vivre comme des pauvres dans des pays riches."
Le taux de chômage en Europe dépasse celui des Etats-Unis depuis près de 30 ans. Il est aujourd’hui de l’ordre de 10,1 pour cent, contre 9,6 pour cent - un niveau pourtant record - aux Etats-Unis. Dans le quotidien grec de centre-gauche Ta Nea, Roussos Vranas en conclut que l’Europe actuelle est un endroit pour les employeurs et non pour les travailleurs (eurotopics, 10 novembre 2010).
#citation
#info
"Au cours des 30 dernières années, les systèmes de protection sociale ont été fortement démantelés. Les gouvernements ont chacun à leur façon promis ‘du sang et des larmes’, et les Européens ont accepté ces sacrifices plus ou moins facilement. (…) Mais aujourd’hui, après la crise de 2008, leur sensibilité a changé. Devant la demande de nouveaux sacrifices, il leur faut constater que l’Etat est intervenu massivement pour sauver le système bancaire et financier, tandis que les banques n’ont pas montré qu’elles avaient tiré les leçons de la crise, et que les inégalités sociales augmentent à un rythme toujours plus soutenu. Ces contrastes expliquent en partie le succès des mobilisations sociales un peu partout, de même que l’aggravation des conflits sociaux, la radicalisation politique à droite comme à gauche, et les progrès des partis populistes."
La réforme controversée des retraites en France a franchi mercredi le dernier obstacle parlementaire, après l’adoption de la loi par la majorité des députés à l’Assemblée nationale. C’est une nouvelle pierre apportée à l’édifice néolibéral que l’on bâtit au sein des sociétés européennes, estime Marc Lazar dans le quotidien de centre-gauche La Repubblica (eurotopics, 28 octobre 2010).
#société
#info
"On constate une méfiance assez largement répandue en Europe à l’égard de tout ce qui est différent."
Roland Ries, maire de Strasbourg, pour
Cafebabel
#citation
#info