"Y a-t-il une relation entre ces deux événements inimaginables ? Oui, car ils participent d’une même logique, celle de la ‘démesure’, ou hubris, selon un concept grec antique. L’hubris désignait l’orgueil qui pousse l’être à dépasser la mesure, à vouloir au-delà de ce que le destin lui a assigné. Cette idée résonne de nouveau fortement dans notre culture : car celle-ci fait preuve d’une avidité inextinguible alors même que la biosphère atteint sa limite d’absorption sans dommage des effets de l’activité humaine. … Les Grecs associaient à l’hubris son châtiment, la nemesis, ou destruction : l’excès du désir de pouvoir, d’argent, de sexe, conduit à la catastrophe pour celui qui en est le jouet."
La chute soudaine du quasi-candidat à la présidentielle française Dominique Strauss-Kahn est un évènement exceptionnel tout aussi incroyable que la catastrophe nucléaire de Fukushima. Les deux évènements en disent long sur notre société, estime Hervé Kempf dans le quotidien de centre-gauche Le Monde (eurotopics, 18 mai 2011).
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