eklektika

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April 2010

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Apr 26, 20101 note
#à écouter les yeux fermés
“L’amour est une tumeur bénigne avec laquelle il faut vivre sans complexe !” —L’amoureux poète, avril 2010.
Apr 26, 2010
#citation
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Apr 13, 2010
#look - listen and shut up
“Plus le monde est ressenti comme intrusif, et plus nous réagissons par un dévoilement préventif.
Plus ce renoncement à l’intimité se propage, plus la surveillance réciproque générale progresse.
Comme dit Desproges : “Je cache ma pudeur… en montrant ma bite !”
—L’open space m’a tuer, A. des Isnards et T. Zuber
Apr 13, 20106 notes
#citation #société
"Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, j'ai honte"

Lundi 29 mars 2010, nouvelle semaine banale à Clichy-sous-Bois, ville dont je suis le maire depuis 1995. Avec Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil, la ville voisine, nous accueillons une délégation de parlementaires dans le cadre d’une “mission d’évaluation des politiques publiques dans les quartiers en difficulté”. Démarche logique : notre territoire, parmi les plus pauvres de France, est éligible à tous les dispositifs mis en place depuis des dizaines d’années. Il incarne la “politique de la ville”, une des politiques publiques les plus évaluées, les plus remises en question aussi, sans doute parce qu’elle n’a pas réussi, seule, à enrayer la ghettoïsation de nos quartiers.

Lors de cette journée, je veux faire connaître la réalité méconnue de Clichy-sous-Bois, commune enclavée à 15 km de Paris. Je souhaite aussi que les dizaines de personnes qui s’investissent au quotidien dans les associations, dans les écoles ou dans l’immense projet de rénovation urbaine puissent témoigner. Enfin, je souhaite faire passer un message essentiel : la politique de la ville, si elle n’est pas défendue au plus haut niveau de l’Etat par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d’Etat successifs. 9 heures. Les parlementaires sont à peine arrivés que je suis alerté par une élue municipale, habitante du quartier du Chêne-Pointu : un local technique, squatté par des jeunes, a brûlé à “Mermoz”, l’une des barres de cette immense copropriété dégradée du centre-ville. Le feu a été assez vite circonscrit par les pompiers mais les fumées toxiques ont eu le temps de progresser jusqu’au 10e étage. Par miracle, il n’y a pas eu de victimes graves. Je quitte les parlementaires et me rends sur place. Je découvre un hall dévasté. Jusqu’au dernier étage, la cage d’escalier est noire de suie et dans l’obscurité, les câbles électriques ayant brûlé. Nous montons les étages à la lumière de nos téléphones portables et briquets. Inutile de dire que nous ne prenons pas l’ascenseur puisqu’il est en panne depuis des mois, comme la plupart des ascenseurs de cette copropriété de 1 500 logements. Au 4e étage, nous visitons le logement d’un “marchand de sommeil”. Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L’un des enfants est hospitalisé avec sa maman. Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2. La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable. Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans. Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers. Aucune de ces familles n’a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d’humidité. Cas isolé ? Non. Ce logement vient d’être acheté par un nouveau marchand de sommeil après avoir été mis en vente par l’administrateur judiciaire de la copropriété parce que le propriétaire précédent ne payait plus ses charges. Dans ma commune, ce sont des centaines de logements qui appartiennent ainsi à ces profiteurs de la misère. En toute impunité, ou presque. J’invite les parlementaires, accompagnés du sous-préfet, à venir voir cette réalité. Nous nous retrouvons donc à grimper avec des lampes de poche dans les étages. Nouvelle visite de logement au 4e étage et rencontre hallucinante dans la cage d’escalier, noir complet, avec de nombreux voisins descendus ou montés pour l’occasion, venus crier une nouvelle fois leur désespoir, devant cette arrivée impromptue de représentants de la mairie, de l’Assemblée nationale et de l’Etat… Des pères et mères de famille que nous connaissons bien à la mairie pour les avoir reçus à maintes reprises pendant l’hiver pour des problèmes récurrents de chauffage collectif et d’ascenseurs. Je sais hélas que nous les reverrons bientôt car ces problèmes ne sont pas résolus à ce jour. Il faudra évidemment y ajouter la cage d’escalier incendiée, qui attendra probablement des mois avant d’être rénovée, à moins que les habitants eux-mêmes ne décident de la repeindre par leurs propres moyens. Cette scène, dans une cage d’escalier étroite, à la seule lumière des lampes de poche, prend des allures surréalistes. Des personnes arrivent, toujours plus nombreuses, du dessus, du dessous… Dans ce capharnaüm, une femme monte lentement et silencieusement l’escalier, elle est pliée en deux, sous le poids d’un caddie plein, qu’elle porte avec une lanière sur le front. Elle habite au 8e étage. Nous sommes à 15 km de Paris, est-ce possible ? Dehors, une trentaine de jeunes sont venus voir le maire et ces “politiques” qui ne “font rien”. Les parlementaires et les policiers qui nous accompagnent ne sont pas très à l’aise. Il faut dire que la semaine dernière un de leurs collègues a reçu, ici même, un projectile sur la tête (dix points de suture). Les jeunes comparent le Chêne- Pointu aux favelas. En tant qu’élu républicain, je ne peux me résigner à cette comparaison et j’évoque, devant eux, les “plans de sauvegarde” signés en janvier dernier, qui doivent nous permettre enfin de financer les travaux d’urgence et des équipes de travailleurs sociaux chargés d’accompagner les familles, dont 70 % - oui vous avez bien lu : 70 % - vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ces explications ne convainquent pas les jeunes. Elles ne me satisfont pas non plus en réalité. Depuis des années, j’alerte les différents ministres compétents, les préfets, le conseil général, le conseil régional, j’ai été jusqu’à l’Elysée pour parler de la situation de ces copropriétés devenues des “bidonvilles verticaux”, portes d’entrée en Ile-de-France de nombreuses familles immigrées, de plus en plus précaires, qui viennent se loger à Clichy-sous-Bois faute de trouver un logement social accessible ailleurs. Les habitants aussi manifestent et crient régulièrement leur colère et leur impuissance à la mairie, à la sous-préfecture. Sans succès. Les travaux promis depuis des mois n’ont toujours pas pu démarrer faute de notification de certaines subventions publiques, toujours en attente. Un autre scandale parmi tant d’autres. Mais je sais surtout que les financements obtenus sont de toute façon largement insuffisants pour trouver une réponse globale. Je sais qu’il nous faudra innover, racheter en masse les logements des marchands de sommeil et ceux des propriétaires qui ne peuvent plus faire face aux charges collectives, mais aussi faire évoluer les législations sur les copropriétés dégradées. Je sais que sans une volonté politique forte, sans un travail étroit de construction avec les partenaires compétents et les habitants de ces copropriétés, toute intervention sera vouée à l’échec et nous resterons dans l’impasse. La scène que je vous ai décrite n’a, hélas, rien d’exceptionnel et n’a mérité qu’une brève dans les pages locales du Parisien. De même, le policier blessé la semaine dernière au Chêne-Pointu n’a pas mérité de faire partie de l’actualité. De tels événements font partie de notre quotidien et continuent à se produire très régulièrement dans ma commune. Qu’attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la “Cocotte-Minute” explose ? Aux dernières élections régionales, le taux de participation aux élections a été très faible à Clichy. Mais comment reprocher aux électeurs clichois de se désintéresser d’élections pour des institutions dont ils se sentent exclus, sur ce territoire abandonné de la République ? J’espère que les députés et représentants de l’Etat, témoins de cette journée ordinaire dans ma ville, seront porteurs de cette réalité au plus haut niveau de l’Etat. Parce qu’aujourd’hui, moi, maire de Clichy-sous-Bois, j’ai honte d’être le représentant impuissant de la République française.”

Post-scriptum : une réunion sur le “plan de sauvegarde” du Chêne- Pointu devait avoir lieu vendredi 9 avril. Elle a été annulée au dernier moment, la plupart des représentants institutionnels n’ayant pas pu se rendre disponibles.

Apr 12, 2010
#info #société
Un enfant touché par la littérature est un adulte sur qui nous pourrons compter

A quoi ressemble un spécialiste de la littérature jeunesse ? A personne. A quoi ressemble un amoureux de la littérature jeunesse ? A personne.

Pour la majorité des gens, la littérature jeunesse est une immaculée conception destinée à des catégories d’âges : 6-9 ans, 11-13 ans… Des livres à porter selon sa taille et son poids. C’est un territoire que seules quelques bonnes femmes parcourent, un pays oublié sur une carte imaginaire, un outil qui ne sert pas. Pourtant, au fil des ans, il faudrait être aveugle pour ne pas voir gagner en superficie les rayons jeunesse dans les librairies. Mais plus cette littérature envahit, enrichit, moins on en parle. Moins on s’en soucie. Moins on la considère.

Les quotidiens ont depuis longtemps abandonné toute velléité critique la concernant, les universitaires bâillent dès qu’on ose évoquer son existence et dans les familles, si on veut que l’enfant lise, on se fout bien de savoir quel livre il a entre les mains. Difficile dans ce contexte de ne pas comprendre une décision telle que celle bientôt prise par le conseil général du département de Seine-Saint-Denis.

Au temps des restrictions budgétaires, c’est la culture qui apparaît luxueuse, élitaire, non prioritaire. Au temps d’une culture méprisée, c’est la littérature jeunesse dont on peut se détourner comme si elle n’avait jamais existé. La situation est cruelle, elle est alarmante, elle n’est pas surprenante.

Alors quoi, il y a des luttes plus urgentes, non ? Non. Parce que c’est ce département qui abrite le plus grand salon français de littérature jeunesse, le salon de Montreuil, et qu’en ne reconduisant pas les subventions habituelles, la collectivité publique se désengage de toute une politique du livre à destination de la jeunesse. Dans cette affaire, le salon de Montreuil et les activités qu’il organise tout au long de l’année sont menacés, dénigrés, balayés. Laisser faire c’est renoncer au combat exaltant entrepris il y a une trentaine d’années pour faire émerger l’idée que le livre pour enfants n’est pas un sous-livre rédigé par des non-écrivains. Laisser faire, c’est penser qu’il n’est pas nécessaire de former des adultes spécialistes de la littérature jeunesse, qui sauront être les passeurs entre les livres et les enfants. Parce que, ne nous trompons pas, ici comme ailleurs, les livres exigeants ne sont pas les plus accessibles.

Une masse de livres idiots fait barrage entre l’enfant et la vraie littérature. Et les parents bienveillants font rarement des bons prescripteurs de livres pour leurs enfants, préférant toujours lire une histoire douce et tendre à une histoire teigneuse et sèche. Les parents lisent comme ils s’habillent le matin, ils ne peuvent s’empêcher de finir chaque phrase à la manière dont on remonte une fermeture Eclair. La littérature jeunesse, quand elle est de la littérature, n’est pas une protection, c’est une découverte. Penser que le livre pour enfant est finalement une affaire domestique, une affaire privée, familiale, c’est méconnaître dangereusement l’intérêt et le pouvoir de la littérature jeunesse. Oui, le roman jeunesse est un lieu de rencontre entre l’enfant et l’adulte, mais ce qui est passionnant, c’est que cet adulte est un étranger pour l’enfant.

Dans une société qui a tendance à faire de l’enfant une victime de l’adulte, la littérature jeunesse offre une autre voie, joyeuse et optimiste, où l’adulte n’est plus celui qui menace mais celui qui révèle. Il y a tant d’a priori, de lieux communs, d’ignorance autour de la littérature jeunesse pour ne pas soutenir coûte que coûte tous ceux qui ont pour projet d’éclaircir cette friche. Il y a tant de modernité, de vraie politique, d’émotions dans les livres jeunesse qu’il est temps non seulement de réclamer une stabilité financière pour les actions menées par toutes les associations dédiées aux livres jeunesse, mais d’organiser enfin une ample réflexion autour de cette littérature, de ces acteurs, ces passeurs, ces lecteurs. Un enfant touché par la littérature est un adulte sur qui nous pourrons compter.

Christophe Honoré, Le Monde, 07 avril 2010 (via l’excellent blog Les Piles Intermédiaires)

Apr 12, 20102 notes
#savoir(s) #littérature #lire & découvrir
Mais qu'est-ce qui n'est pas de la culture ?

Attendu que désormais : 1. Tout est culture , 2. Tout fait dictionnaire, 3. Rien de ce qui range par ordre alphabétique dans le domaine du savoir ne saurait échapper aux Presses Universitaires de France,  4. L’histoire culturelle est une discipline en plein essor, il était par conséquent inévitable que ses meilleurs spécialistes fussent réunis afin de livrer à la curiosité publique un ouvrage de référence, le Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine (928 pages, 39 euros, PUF). Ce qui conduit certains d’entre eux à se citer, à parler d’eux à la troisième personne et à s’autoréférencer. Quelque cent cinquante experts s’y sont partagés environ trois cents articles. Les notules sont généralement bien faites, fournies, complètes, quoique les bibliographies y soient réduites au minimum syndical, d’ « Acculuration » à « Zoo » en passant par « Climat », « Faits divers », « Jeunesse », « Morale », « Patronage »… Des choix souvent académiques et sans surprise à l’intitulé ennuyeux. Nous n’irons pas chicaner sur les absences, comme le font d’ordinaire les critiques de dictionnaires, car ce serait vain et sans fin. Toute sélection est exclusion. Le lecteur, dont on connaît le tropisme, s’y étonnera de ne pas trouver d’entrée à « Ecrivain » mais il se consolera aussitôt en lisant les colonnes d’Antoine Compagnon à « Auteur ». Mais c’est l’entrée « Pétanque », quatre colonnes tout de même signées de Patrick Clastres, qui finalement le poussera à reprendre l’ouvrage à son début et à se poser les questions de fond.  Non qu’elle soit indigente, au contraire : on y apprend une foule de choses sur l’expression « être Fanny », le rôle du Cointreau dans l’élévation de ce jeu d’adresse au rang d’un des beaux-arts, les stratégies rivales du Petit Provençal et de La Marseillaise pour capter le marché des boulistes, le changement d’image du jeu depuis que Canal + s’en est emparé, jusqu’à l’introduction de la pétanque en option au baccalauréat ! A la fin, rassasié d’informations, on se dit que si la pétanque y est, pourquoi pas le Jeu de paume ? Ce qui conduit à mettre le doigt sur ce qui fait problème dans le projet même d’une telle entreprise : qu’est-ce qui relève de la culture ? Ou plutôt : qu’est-ce qui n’en relève pas ? On s’en doute, une telle interrogation méthodologique ne se règle pas en deux pages. C’est pourtant le cas. Dans leur introduction, les maîtres d’œuvre de ce grand chantier, Christian Delporte, Jean-Yves Mollier et Jean-François Sirinelli, liquident l’affaire en deux pages. Ils reconnaissent le caractère hybride de la chose, l’absence de mise en abyme du dictionnaire dans le dictionnaire afin de réfléchir à son objet, la vanité de toute prétention à l’exhaustivité et le privilège accordé à l’historiographie au risque d’en faire un livre pour historiens. Mais d’après eux, s’ils ne vont pas plus loin, c’est que l’histoire culturelle a tellement bien fécondé les champs des voisins (le politique, notamment) qu’il s’avère inutile de l’enfermer dans des catégories. « Pour cette raison même, on se gardera bien de poursuivre ici l’inventaire des principes qui ont présidé à l’élaboration de ce dictionnaire ». Ni ici ni ailleurs au motif qu’ils seraient partout sous-jacents, ce qui est bien regrettable. Un tel vide nous précipite vers un dictionnaire spécialisé, celui-ci par exemple, afin d’y chercher une définition de la culture pour que l’on sache de quoi il en retourne. Or si on y trouve bien des entrées à « Culture de masse », « Culture des élites », « Culture médiatique », « Culture-monde », « Culture populaire », « Cultures politiques », il n’y en a pas pour la culture toute seule en majesté conceptuelle.

Pierre Assouline, La république des livres, 9 avril 2010

Apr 9, 2010
#assouline #culture #savoir(s) #lire & découvrir
“If you have hoped and your expectation was not fulfilled,
Then go on hoping.
There is so much more good than evil in human nature,
That he who trusts everybody will in the longer run make fewer mistakes
Than he who suspects everybody”
—Janie Diepenbrock
Apr 6, 2010
#citation
“les choses ne sont jamais mauvaises ; seule peut l’être la manière dont tu y penses !” —Epictete
Apr 1, 2010
#citations
Poisson sauce dé-finition

“une truite aux amants, doublée d’une carpe diem

ça fait quoi au final ? une dorade à l’orée de son adoration

ou, puisque les deux orthographes existent, une daurade à l’aura adorée

ce qui, au final, est id’aime”

(c) Jean BerTho

Apr 1, 2010
#moi
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